Sous le thème général de « S’adapter à un nouvel ordre mondial », la 15e édition du Forum économique international des Amériques / Conférence de Montréal identifiera les enjeux stratégiques et les défis posés par cette nouvelle configuration mondiale.
Cette 15e édition sera exceptionnelle de par la liste des conférenciers principaux déjà confirmés. Plusieurs délégations internationales seront aussi des nôtres pour discuter directement avec vous des grands enjeux internationaux ainsi que d’occasions d’affaires.
Au plaisir de vous accueillir au plus important forum économique des Amériques, du 8 au 11 juin 2009."
transition », la 14e édition de la Conférence de Montréal s'est
révélée comme l'un des plus importants forums économiques indépendants
du monde avec plus de 3 300 participants et quelque 150 conférenciers
et intervenants.
Albert Zablit
« Nous vivons une période de grande transition où plusieurs facteurs
viennent changer nos façons de penser et de faire. Que ce soit en
matière de finance, d'économie, de gouvernance, de
développement durable ou de commerce, il est devenu essentiel de bien
maîtriser ces changements. (…) tous les participants réfléchiront sur
les changements les plus importants qui sont au cœur de la prise de
décision stratégique », a affirmé M. Gil Rémillard,
président-fondateur du Forum économique international des
Amériques/Conférence de Montréal.
La conférence a eu lieu à l'Hôtel Hilton Montréal Bonaventure du 9 au
12 juin, quatre jours divisés selon les thèmes suivants :
• 1. Finance et gouvernance (9 juin) : l'économie internationale en
transition, les perspectives économiques internationales, la crise
financière et ses impacts internationaux.
• 2. Développement durable et innovation (10 juin) : l'accès aux
services énergétiques (le défi des infrastructures et du développement
durable), comment concilier développement économique et durabilité.
• 3. La journée des Amériques (11 juin) : les perspectives de
développement dans un contexte de changement politique et économique,
l'économie internationale face à la récession américaine, la
compétitivité du secteur privé dans les Amériques, les biocarburants
et les marchés agroalimentaires mondiaux, le défi de l'intégration des
immigrants.
• 4. Développement économique et infrastructures (12 juin) : le
financement et le développement des infrastructures.
Bien que chaque jour était consacré à un sujet spécifique, il y eu
plusieurs références à la crise alimentaire au cours de la Conférence
de Montréal, thème qui avait été discuté une semaine auparavant, du 3
au 5 juin, à la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire
mondiale par la FAO. Plus généralement, la discussion revenait à des
problématiques du développement économique et à la lutte contre la
pauvreté.
En particulier, la journée des Amériques a été marquée par des
interventions sur le point précédent, avec des participants tels que
Michael Reid, le Rédacteur en chef pour les Amériques de la revue The
Economist ; Patrus Ananias de Sousa, Ministre du Développement social
et de la lutte contre la faim du Brésil ; José Miguel Insulza,
Secrétaire Général de l'OEA et Michelle Bachelet Jeria, Président de
la République du Chili.
Victor Regalado- Notimex
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Session Plénière : Comment peut-on comprendre les différents
mouvements politiques et économiques de l'Amérique Latine?
La Journée des Amériques a commencé avec la session plénière « Les
Amériques : les perspectives de développement dans un contexte de
changement politique et économique » Le conférencier principal,
Michael Reid, a expliqué plusieurs défis ainsi que les succès en
Amérique Latine concernant le développement économique et la lutte
contre la pauvreté.
Reid a commencé par expliquer que l'Amérique Latine est souvent une
région oubliée par rapport à la Chine, l'Inde et l'Afrique mais que
néanmoins, c'est la troisième plus grande région démocratique après
l'Europe et l'Amérique du Nord ; c'est une région qui est en
transition démocratique et de plus en plus une ouverture économique
qui contraste avec un passé d'inégalité de distribution de revenu.
Pourtant, Reid a souligné que la pauvreté est en recul et que les
niveaux socio-économiques connaissent des progrès durables.
« Les démocraties sont loin d'être consolidées mais la qualité de la
politique fait des progrès. Dans les pays qui font des reformes, il y
a un consensus qui permet aux états de jouer un rôle plus important
pour lutter contre la pauvreté. Croissance, inflation contenue et
meilleures politiques sociales dans ces pays s'unifient pour produire
une transformation sociopolitique. » Souligne t-il.
Comme exemple, Reid a indiqué que le Chili, comme aucun autre pays
Latino-Américain, a réussi à baisser le niveau de pauvreté de 45 pour
cent dans les années 80 à 14 pour cent en 2006. De même, il a souligné
que la pauvreté a diminué significativement au Brésil et au Mexique
dans les dernières années en raison de la création de programmes
sociaux nationaux plus efficaces.
«Il y a quatre problèmes importants en Amérique latine : 1) la
qualité de l'éducation et le manque d'investissement public en
recherche, développement et innovation ; 2) le crime, les mafias
organisées et le trafic de drogues qui s'opposent à l'établissement
d'une autorité de loi qui soit responsable ayant une capacité pour
répondre ; 3) manque d'égalité des opportunités ; 4) réglementation
excessive de l'Etat qui contrôle les affaires et le marché du travail.
» a-t-il dit.
Pour terminer, Reid a conclu avec les perspectives futures de la
région en disant que l'on est dans une période nouvelle d'incertitudes
multiples avec un développement économique plus lent et une récession
à venir aux Etats Unis. Ainsi, l'inflation est particulièrement un
problème dont on doit se préoccuper car l'augmentation des prix
alimentaires menace la lutte contre la pauvreté. Il a mentionné
l'Argentine comme un pays qui, désormais, à une pauvreté croissante
car le gouvernement continue à mettre l'accent sur la croissance
économique plutôt que de contrôler son inflation.
« Le plus important est de mettre la démocratie au centre, en forçant
un consensus sur les réformes des politiques économiques. » a-t-il
ajouté.
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Forum 2, L'Amérique Latine et la Démocratie : Quelles avancées en
matière de progrès social ?
La journée a continué avec des Forums en simultané, dont celui-ci qui
présentait le programme Brésilien Bolsa Familia comme un exemple de
politique sociale avec des succès considérables et des défis encore à
relever.
Patrus Ananias de Sousa, Ministre du Développement social et de la
lutte contre la faim (MDS) a remarqué que, quand le président Lula est
arrivé au pouvoir en 2003, l'agenda social est devenu le centre des
politiques publiques. Il a aussi dit que Bolsa Familia est un
programme soutenu par la loi, vue comme une responsabilité d'un
gouvernement qui répond aux besoins de ses citoyens.
« La mentalité de la croissance économique a été remplacée par la
mentalité qui produit une société juste, pour pouvoir investir des
ressources qui sont légales, transparentes et qui ont des valeurs
éthiques –solidarité, justice et un sentiment de compassion pour
l'humanité. La construction de ces mentalités ne devrait pas être
partisane mais légale, construite dans la conscience de la société,
qui devrait être irréversible et constamment révisée. » Croit-il.
De Sousa a précisé que pendant l'année 2006, 36 millions de
personnes, soit presque un sur cinq Brésiliens vivaient encore dans la
pauvreté. Mais la Fondation Getulio Vargas a noté que pour la première
fois au Brésil, le taux de pauvreté reste au-dessous de 20 pour cent
de la population. En ce qui concerne les Objectifs du Millenium de
l'ONU, le Brésil a déjà dépassé le premier, qui nécessite une
réduction de 50 pour cent de la pauvreté extrême.
Ce qui est nouveau dans ce programme social, c'est l'intégration de
ses actions. Pour renforcer les programmes, le gouvernement a intégré
le programme de l'éradication de la main-d'œuvre infantile (PETI) et
de la Bolsa Familia. De cette façon, la famille devient alors le
centre des politiques sociales. En plus, en 2004, l'intégration des
politiques sociales a été possible grâce à la création du MDS, la
coordination de la nourriture et l'assistance sociale, ainsi que la
transférance conditionnelle de revenues, ce qui permet un réseau
effectif de protection et de promotion sociale. De la même manière, il
est divisé entre le gouvernement fédéral, a travers la MDS, le
gouvernement local aussi que le municipal.
Bolsa Familia est présent dans 5,563 municipalités et dans le
District Fédéral, dont bénéficient environ 45 millions de personnes.
Les conditions pour entrer dans le programme sont les suivantes :
vacciner les enfants de moins de 7 ans ; mettre les enfants de 6 à 17
à l'école ; et participer à des activités éducatives pour les familles
qui ont des enfants utilisés en tant que main d œuvres infantile.
« Les changements climatiques et l'élévation des prix alimentaires
démontrent que l'on est dans une étape d'interdépendance, où nos
actions et omissions peuvent affecter la balance du système. On a
besoin de construire des destins communs et construire des projets
pour les futures générations qui amènent justice et dignité aux
personnes. » A-t-il souligné.
Victor Regalado- Notimex
De Sousa a aussi répondu à la question de la sécurité alimentaire
faisant référence aux discussions à Rome à la FAO. Le Ministre a dit
que son pays ne produirait pas d'éthanol à base d'aliments mais qu'ils
pourront produire du biodiesel. Ils ont des plantations de sucre,
indispensable à l'activité agricole des familles et les conditions au
Brésil sont bonnes pour le riz, les haricots, les fruits, le lait et
la viande.
« Face à la crise alimentaire, il est certain que le Brésil sera
affecté. Nous sommes en train de nous mobiliser pour que les pauvres
aient la possibilité d'acheter les aliments de première nécessité.
Ainsi, le président Lula a annoncé que Bolsa Familia sera renforcée
pour aider les familles en difficulté. Nous allons aussi continuer à
soutenir nos programmes d'agriculture familiale pour produire des
aliments de consommation domestique » a t-il précisé.
De Sousa a conclut que la raison de sa venue à cette conférence est
que le Canada, tout comme la Suède, l'Australie et le Danemark, sont
des pays qui donnent l'exemple en terme de politique sociale et qui
construisent un état de bien être ; c'est-à-dire un Etat qui assure à
tous les mêmes droits et opportunités et qui offre une vie pleine
d'espoir à la jeunesse.
Similairement à la réponse apportée par le Brésil à la crise
alimentaire, le suivant conférencier, Michael Reid, a parlé du cas du
Mexique. Il a expliqué qu'un des avantages des programmes de
transférance conditionnelle de revenues est qu'ils exigent une base de
données qui indique le niveau de pauvreté, ce qui peut être utilisé en
cas d'urgence. Par conséquent, il a mentionné que le Mexique a annoncé
que pour le programme Oportunidades équivalent à Bolsa Familia, le
gouvernement a décidé d'augmenter l'aide financière donnée aux
personnes temporairement pour adoucir l'impact des prix des denrées
alimentaires. Il considère cela comme une action bien meilleure de
subventionner sans distinction qui pourrait être donné aux
consommateurs ou aux producteurs.
Or, il dit aussi qu'il y a des problèmes avec la pauvreté extrême,
car les sociétés sont marginalisées, difficile a atteindre, surtout la
pauvreté rurale.
«La pauvreté extrême nécessite l'action de nombreux travailleurs
sociaux. Chile Solidario est un exemple qui se consacre à
l'élimination de la pauvreté extrême. Les travailleurs sociaux doivent
aller chercher les personnes visées par ce programme pour être sûr
qu'ils connaissent les avantages que le gouvernement peut leur offrir.
Comme au Chili, le programme Crecer au Pérou vise l'élimination de la
malnutrition infantile et l'éducation des mères concernant ces
opportunités. » A-t-il exposé.
Une autre intervention importante dans le forum fut celle de Rosalía
Arteaga Serrano, ex- présidente de l'Equateur. Elle a démontré que la
démocratisation des pays en Amérique Latine n'a pas systématiquement
amélioré les conditions de vie des citoyens.
«Il y a plus de personnes qui votent mais il y a un sentiment de
perte de crédibilité de la politique et de toutes les institutions. La
crise gouvernementale en Equateur semblable à celle de la Bolivie est
un danger sérieux. Il y a une énorme fuite de capital humain, et en
même temps les indicateurs sociaux –l'éducation, la santé et la
dignité— ne s'améliorent pas. » a t-elle déclaré.
Elle a aussi introduit le concept de « Glocal », un mot qui prend en
compte les préoccupations internationales dans un monde
d'interdépendance globale ainsi que les conditions locales permettant
de prendre des décisions qui respectent l'individualité de chaque
pays.
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Déjeuner Causerie : Les Amériques et le monde
José Miguel Insulza, Secrétaire général de l'Organisation des États
Américains (OÉA) a fait des références importantes en ce qui concerne
la pauvreté en Amérique latine :
« (L'Amérique Latine) s'est améliorée durant les dernières années
dans la lutte contre la pauvreté. Par exemple, la pire année de
pauvreté a été 2002, mais les niveaux continuent à baisser… cependant
l'inflation des prix des aliments est un problème. Neuf millions de
personnes retomberont sous le seuil de pauvreté. Il y a aussi un
manque de concentration en matière de développement et recherche. Si
l'on considère l'ensemble de l'Amérique Latine et les Caraïbes, il y a
moins d'investissements que dans la Corée du Sud ! » s'est-il exclamé.
Insulza a aussi dit qu'en Amérique Latine, il n'y a pas le même
agenda pour tous les pays. C'est complexe mais il pense qu'il serait
possible d'avoir un agenda commun. De la même manière, Michelle
Bachelet, lors de son intervention spéciale à la session plénière
finale, est arrivée à une conclusion similaire. Elle a conclut la
Journée des Amériques sur une note d'espoir, évoquant une
collaboration plus étroite entre les tous pays du monde et non pas
limité à l'Amérique latine.
« Une participation collective renouvelée, une gouvernance globale,
pas seulement en Amérique latine, seraient importantes pour chercher
des solutions ensemble. En d'autres mots, les accords pour adresser
les problèmes qui nous affectent tous, devraient nous offrir des
solutions qui bénéficient à tous.» a t-elle souligné.